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À la Galerie Area à Paris, artistes et Fondation Cœur Vert se réunissent pour explorer l'art, l'écologie et la relation profonde entre l'humanité et le monde vivant.

Dans le 10e arrondissement de Paris, à la Galerie Area, l'exposition Un Arbre, Une Œuvre d'Art, Un Avenir : L'Art au Service de l'Environnement a réuni de jeunes artistes en collaboration avec la Fondation Cœur Vert. Inaugurée le 27 mars, l'exposition a rassemblé artistes, collectionneurs et visiteurs autour d'une même urgence : repenser notre relation au monde vivant.
Dans un contexte marqué par la crise climatique et l'accélération de la perte de biodiversité, l'exposition proposait bien davantage qu'une simple présentation d'œuvres d'art. Elle créait un espace de réflexion et de contemplation. Chaque œuvre invitait le visiteur à ralentir, à ressentir et à considérer la nature non plus comme un simple décor, mais comme une mémoire, une présence et une responsabilité. Par la matière et le geste, les artistes exploraient le lien fragile entre l'humanité et la Terre, où la création artistique devient une forme de prise de conscience.
Au cœur du projet, la Fondation Cœur Vert défend un profond changement de perspective. La Terre y est envisagée comme une maison commune, et les ressources naturelles comme un patrimoine partagé plutôt que comme des biens destinés à être possédés. Sa mission repose sur la restauration écologique et la reforestation, notamment en Afrique, où des programmes de volontariat réunissent chaque année entre 200 et 250 jeunes participants afin de planter des arbres et de soutenir les communautés locales.
Parmi ses principales initiatives, en résonance avec la vision de la Grande Muraille Verte, des espèces telles que l'acacia sont plantées non seulement pour restaurer les sols dégradés, mais également pour créer des opportunités économiques durables, notamment grâce à la production de gomme arabique. L'action environnementale devient ainsi indissociable de la résilience sociale et de la dignité humaine.
Le vice-président Ody Marc Duclos décrit ce travail comme étant à la fois environnemental et profondément humain. Il évoque le lien entre les « cœurs asséchés » et les paysages arides, suggérant que la guérison écologique commence par une transformation intérieure fondée sur la conscience, la gratitude et le respect de la nature.
Dans cette vision, la reforestation devient bien plus qu'un acte environnemental ; elle constitue un geste d'unité et de réparation. En réunissant l'art et l'écologie, l'exposition propose finalement un horizon commun — un avenir fondé sur l'attention, le lien et le renouveau.
Au cours de l'exposition, j'ai rencontré l'un des artistes invités, Oswald Boston, dont l'œuvre explore l'espace situé entre la calligraphie, le dessin et l'énergie spirituelle. À travers ses puissantes représentations d'arbres, et notamment du majestueux baobab, l'artiste interroge la nature, la résilience et la reconnexion à l'essence même de la vie.
— SUNA MOYA
M. Ody-Marc Duclos, vice-président de la Fondation Cœur Vert, incarne une vision dans laquelle la restauration écologique et la transformation intérieure avancent main dans la main. Sous son impulsion, la Fondation a développé le Projet de la Grande Muraille Verte, l'une de ses initiatives de reforestation les plus ambitieuses à travers l'Afrique.
Fondée en 2017, la Fondation Cœur Vert réunit chaque année entre 200 et 250 jeunes venus du monde entier, les rassemblant en Afrique afin de participer directement à la plantation de la Grande Muraille Verte. Pourtant, cette initiative va bien au-delà de la simple plantation d'arbres. Une fois les jeunes pousses mises en terre, les volontaires continuent d'accompagner les communautés locales dans la préservation des terres et le développement de modèles économiques durables.
Parmi les espèces cultivées figurent les acacias, appréciés pour leur production de gomme arabique, générant à la fois une régénération écologique et une résilience économique pour les populations locales. La protection de l'environnement devient ainsi indissociable du développement humain et social.
Travaillant aux côtés de la traductrice Raphaëlle Jalloh, Ody-Marc Duclos évoque souvent la relation profonde qui unit l'humanité à la nature. Il développe l'idée selon laquelle « nos cœurs asséchés reflètent les paysages asséchés de la Terre », suggérant que le renouveau écologique commence d'abord au sein même de l'être humain.
Lorsque la vie intérieure devient plus ouverte, généreuse et abondante, estime-t-il, le monde naturel répond à son tour. Cette philosophie constitue le cœur même de la mission de la Fondation.
La Fondation accorde également une place essentielle à l'éducation et à l'éveil intérieur de ses jeunes volontaires. Les participants sont encouragés à cultiver la gratitude envers la nature, à vivre en harmonie avec l'environnement et avec les autres, et à reconnaître la responsabilité profonde que portent chacune de leurs actions et de leurs pensées.
Pour Ody-Marc Duclos, la crise écologique est également une crise humaine. Il plaide pour une relation renouvelée avec le monde naturel — une relation qui dépasse l'objectification et la commercialisation pour s'orienter vers une approche plus consciente, respectueuse et empreinte de compassion envers le vivant.
Selon lui, la véritable transformation ne naît pas uniquement des politiques ou des pratiques, mais d'un changement intérieur de conscience. Dans cette perspective, l'action environnementale devient un acte de service, enraciné dans la gratitude envers la Terre-Mère et exprimé à travers un engagement collectif pour la planète.
Dans cette vision, planter des arbres revient également à restaurer un équilibre — à la fois dans le paysage et au sein du cœur humain.
UN ARBRE, UNE ŒUVRE D'ART, UN AVENIR
« Une conversation intime avec l'artiste Oswald Boston autour de la nature, de la spiritualité, de la résilience et de l'énergie invisible qui anime le monde vivant. »
Oswald Boston : Vous regardez l'émotion avant la forme. Je ne cherche pas à reproduire la nature avec exactitude — un appareil photo peut le faire bien mieux que moi. Ce qui m'intéresse, c'est de saisir ce qui ne peut être photographié : l'énergie, le souffle, l'âme qui habite les choses.
Oswald Boston : Il vient de l'instinct. Au départ, je travaillais le dessin figuratif et la bande dessinée. Puis, aux Beaux-Arts, j'ai découvert les outils calligraphiques et quelque chose a changé en moi. Soudain, je ne pouvais plus effacer. Chaque geste devenait définitif. Cela m'a obligé à abandonner la recherche de la perfection pour me consacrer à la recherche de la vérité. Aujourd'hui, mon travail existe quelque part entre le dessin et l'abstraction, un peu comme les anciens caractères chinois, qui étaient d'abord des images avant de devenir des symboles.
Oswald Boston : Absolument. Mon lien avec le Japon m'a profondément influencé, en particulier des lieux comme Takayama. Il y règne un silence, une autre manière de ressentir le monde. Je puise mon inspiration dans la philosophie zen, le cosmos et les énergies invisibles. La nature nous enseigne quelque chose d'essentiel : la force peut exister sans bruit.
Oswald Boston : Parce qu'ils donnent le sentiment d'être éternels. Il y a plusieurs années, j'ai visité des plantations africaines grâce à la Fondation Cœur Vert. Lorsque j'ai découvert les baobabs, j'ai été bouleversé. Ces arbres survivent là où presque rien d'autre ne survit. Ils se dressent avec une dignité extraordinaire, portant le temps en eux. Dans le désert, lorsque tout disparaît, le baobab demeure. Cette image ne m'a jamais quitté.
Oswald Boston : La reconnexion. Aujourd'hui, les êtres humains sont déconnectés d'eux-mêmes, de la nature et du silence. Tout va trop vite. Mon travail est une invitation à ralentir et à ressentir de nouveau. La nature n'est pas simplement un paysage ; elle est mémoire, énergie et vie. Nous lui appartenons, même lorsque nous l'oublions.
Oswald Boston : Exactement. La perfection peut sembler froide. La vie n'est pas parfaite. La nature n'est pas parfaite. Pourtant, c'est là que réside la beauté. Je veux que mes lignes respirent. Je souhaite que le spectateur ressente le mouvement de la main, l'hésitation, la force, voire l'accident. C'est ce qui rend une œuvre véritablement humaine.
Oswald Boston : Le baobab. Pour moi, il représente la force intérieure. J'ai travaillé sur l'énergie qui s'élève des racines vers le ciel, comme une force vivante en ascension. Il ne s'agit pas de peindre un arbre ; il s'agit de peindre la résilience.
Oswald Boston : L'art peut reconnecter les êtres humains à ce qui compte véritablement. Parfois, une peinture peut exprimer davantage qu'un discours. Elle peut créer un silence intérieur, une réflexion, une émotion. C'est extrêmement puissant. Nous ne protégeons pas ce à quoi nous ne nous sentons plus liés. L'art peut reconstruire ce lien.
Oswald Boston : Des espaces plus vastes, des espaces immersifs, des musées. Je souhaite que les visiteurs puissent entrer physiquement dans l'œuvre, se sentir entourés d'énergie, comme s'ils pénétraient dans un paysage vivant.
Oswald Boston : Une sensation. Pas une explication. Pas une théorie. Simplement une sensation qui demeure en eux — quelque chose de simple, de puissant et de vivant.