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Au 25e anniversaire de la Serbia Fashion Week, j’ai rencontré deux créateurs qui arrêtent le regard. Leurs collections sont originales, audacieuses et résolument uniques : des créations qui captent toute l’attention. Je devais en savoir plus.
Petar et Dragana Soro sont SoRo : deux générations, deux disciplines, une seule voix. Pour eux, le tissu parle. Chaque vêtement est une phrase écrite en texture, couleur et mouvement. SoRo existe là où le costume rencontre le streetwear. Leurs vêtements ne se contentent pas de couvrir le corps ; ils parlent, marchent et s’affirment. Ils bougent comme des pensées, portant des messages du trottoir à la foule, transformant le quotidien en théâtre.
Dragana, fondatrice de l’Atelje Vinsent et élue parmi les 100 femmes les plus influentes de Serbie en 2022, est également l’auteure de *Easter Tuesday* et *Eighth Gear for Beginners*. Petar, photographe et cinéaste reconnu, l’a rejoint en 2024 pour développer des projets pour des communautés inclusives dans le monde entier, un travail basé sur l’empathie, l’expression et la créativité.
Leurs créations s’inspirent du Pop Art : audacieuses, démocratiques et profondément humaines. Chaque pièce est une déclaration : peinte à la main, recyclée, multifonctionnelle et vivante d’intention. C’est leur signature, reconnaissable dans les rues de Serbie. SoRo n’est pas seulement de la mode ; c’est la culture en mouvement. Ils nous apprennent à parler non seulement avec des mots, mais avec ce que nous portons. Un vêtement peut être une voix. Les vêtements peuvent être courage.
— SUNA MOYA
SoRo
L’ART DE PORTER UN MESSAGE
“SoRo fusionne Pop Art, streetwear et costume en messages portables. La mode comme voix, identité et courage en mouvement.”

QCEG : Deux générations, deux univers créatifs, une vision partagée. Qu'est-ce qui vous a réuni, vous et Petar, pour créer SoRo ?
SoRo : Nous partageons la conviction que nous sommes ici pour une raison. Au bon moment, les énergies se reconnaissent, que ce soit pour se rencontrer, collaborer ou se séparer. Comme le dit Gabor Maté, les âmes sur la même fréquence soutiennent la croissance mutuelle. Cette résonance a donné naissance à SoRo.
QCEG : Vous parlez d’une loi étrange qui vous relie plus fortement que n’importe quelle règle. Est-ce de la chimie artistique, du destin ou de la rébellion ?
SoRo : L’amour est la loi qui respecte et brise les règles à la fois. Il nous nourrit et guide chaque choix, même la rébellion née de l’amour de la liberté et de la justice. L’égalité fait partie de cette loi, elle fait partie de SoRo.
QCEG : SoRo signifie « être humain complet » en romani. Comment cela influence-t-il votre philosophie créative ?
SoRo : SoRo signifie complet, Rom signifie humain. Un ami du premier livre de Dragana a survécu à la guerre et à l’emprisonnement. Lorsqu’on lui a demandé comment il était resté entier, il a dit : « Fermez les yeux dans l’obscurité, regardez dans un miroir, prenez le marteau, brisez-le et recomposez soigneusement les fragments. La patience, et en versant le moins de sang possible, est la clé. »
Dans ces terres, la survie façonne la vie. SoRo grandit à partir de ce principe. La créativité est la preuve de la survie. Le bonheur seul n’écrit pas de romans.
QCEG : Le Pop Art est votre langage visuel : vif, brut, subversif. Comment le traduisez-vous dans le textile ?
SoRo : Le conflit, la tension et l’auto-réconciliation prennent forme dans le tissu. Couleurs, textures et matières véhiculent des émotions que les mots ne peuvent exprimer. Les clients s’installent avec nous, observent et découvrent des messages cachés. Stylistiquement, il s’agit d’abstraction. La beauté et le sens oscillent entre créateur et observateur. Lorsqu’une pièce est adoptée, elle gagne une nouvelle couche, complétant un Alter Ego. Derrière des portes closes, nous sommes un seul soi, mais à l’extérieur nous devenons un autre.
QCEG : Le Pop Art, c’est punk. Le Pop Art, c’est rébellion. Quelles limites vos créations franchissent-elles ?
SoRo : Les limites sont souvent des lignes invisibles que nous traçons nous-mêmes. La jeunesse est rebelle, pleine de conviction. La maturité tend à suivre le chemin de moindre résistance. La vraie transformation se produit lorsque les limites personnelles sont brisées. Les réseaux sociaux diffusent le changement, mais l’amour de soi reste le plus grand défi. Brisez vos chaînes, dissolvez vos limites et chaque jour devient une scène pour se réinventer.
QCEG : Votre travail oscille entre costume et streetwear. Comment cette tension façonne-t-elle l’identité ?
SoRo : Je puise mon inspiration dans le cinéma, la littérature, le théâtre, la mythologie et l’histoire. Chaque pièce commence comme un costume de son temps, mais vit autant dans la rue que sur scène. Lorsque identité, image et réputation s’harmonisent, la tension devient équilibre, un espace où le style raconte une histoire.
QCEG : Vous cousez des messages cachés dans la matière vivante. Quelles vérités se cachent sous vos vêtements ?
SoRo : Nous sommes tous nus et effrayés. Les mensonges de la société nous façonnent jusqu’à ce que nous commencions à y croire. Les vêtements doivent habiller le corps, pas le définir. Se confronter à soi-même, physiquement et émotionnellement, est terrifiant, mais c’est le seul moyen d’aimer pleinement corps et âme.
QCEG : Vous venez du cinéma et de la mode. Comment l’image et la texture se rencontrent-elles dans votre processus ?
SoRo : Le cinéma est une source d’inspiration constante. Nous explorons les personnages et scènes sous des perspectives masculines et féminines, et cette tension stimule la création. Récemment, en regardant Fight Club, Dragana s’est concentrée sur Marla, tandis que Petar explorait la dualité de Tyler. Leur discussion a suscité des débats en studio et ouvert de nouvelles visions créatives.
QCEG : Petar observe le monde à travers un objectif. Comment la photographie façonne-t-elle l’histoire de SoRo ?
SoRo : La photographie vous demande de mettre l’ego de côté. Un photographe est un observateur silencieux, agile et présent. Les moments capturés se ressentent plus profondément ensuite. L’émotion découverte à travers l’objectif dépasse souvent l’intention. C’est magique.
QCEG : Vous parlez des démons comme d’armes. La mode est-elle confrontation ou guérison ?
SoRo : Je me suis habillée une fois pour un psychiatre comme si je portais une armure : manteau noir, cheveux gominés, parfum fort. La mode est devenue une alliance avec mes démons, les transformant en enseignants et sources de courage. Nos textiles portent mémoire et émotion. La vie sans eux est fade et prévisible, mais jamais pour nous.
QCEG : Personne n’est invisible. Comment SoRo donne-t-il présence aux angles morts de la société ?
SoRo : L’ouverture attire des histoires diverses. La connexion vient de l’effort pour le bien et l’extension de la chaîne de générosité. La pauvreté n’est pas seulement financière. Ceux jugés invisibles nous donnent vision, et nous gagnons en connaissance. C’est un enrichissement mutuel.
QCEG : À mesure que le monde évolue, comment SoRo reste-t-il fidèle à lui-même ?
SoRo : La vie change, mais notre essence demeure. Nous nourrissons notre Enfant Intérieur, curieux et adaptable. Cet enfant est la graine de la société. Tant qu’il prospère, nous restons pleinement humains.
QCEG : Au cœur de tout, que signifie être un être humain complet à une époque de fragmentation ?
SoRo : Nous définissons la plénitude en continu. Brisez votre miroir intérieur, puis recomposez-le. Séparez identité et image, car la réputation n’est jamais entièrement vôtre. Demandez à votre Enfant Intérieur s’il est satisfait. Si oui, c’est merveilleux. Sinon, vous avez construit une maison de poupée, pas une vie. La tâche la plus difficile est simplement d’être un bon humain. Sommes-nous des humains complets, ou seulement des avatars dans un jeu que nous n’avons jamais choisi ?